











Le Représentant résident du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) en RD Congo, M. Alain Akpadji, a présenté ce lundi 13 avril au Sénat, l’ambitieux projet de Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH2) dans ce pays aux dimensions continentales, situé au cœur de l’Afrique.
Il s’agit d’une opération d’envergure nationale, destinée à doter la République Démocratique du Congo d’une base fiable de données démographiques.
Par ailleurs, ce projet dont le coût global estimé à plus de 100 millions de dollars américains, ambitionne de rompre avec plus de quatre décennies d’incertitudes statistiques pour fonder la gouvernance sur des preuves tangibles.
RETABLIR LA VERITE DEMOGRAPHIQUE: UN IMPERATIF DE GOUVERNANCE
Face à une population actuellement estimée à plus de 100 millions d’habitants, avec une croissance annuelle de 3,2 % et une structure extrêmement jeune (deux tiers des Congolais ayant moins de 25 ans), rétablir la vérité démographique est, désormais, un impératif de gouvernance, sur lequel le Gouvernement ne saurait transiger sur les moyens.
L’objectif général du RGPH2 est de produire des données chiffrées fiables, géo référencées et désagrégées sur l’ensemble du territoire national.
Au-delà de la seule collecte, le projet vise à moderniser l’Institut National de la Statistique (INS) et le Bureau Central du Recensement (BCR) afin de pérenniser les capacités statistiques du pays.
Ces données seront intégrées de manière systématique dans la planification nationale (santé, éducation, infrastructures) ainsi que dans la réponse humanitaire.
LES SEPT COMPOSANTES DU PROJET
Le projet s’articule autour de sept composantes prévues de 2025 à 2028. A savoir: La phase préparatoire, la cartographie par imagerie satellite et SIG, le recensement pilote, la collecte numérique nationale. S’ajoutent à cela, l’enquête post-recensement, le traitement et la diffusion des données, ainsi que la phase de durabilité.
Il importe de souligner que l’innovation majeure réside dans l’adoption d’une approche numérique dès la conception.
L’utilisation de tablettes pour la collecte en temps réel garantit rapidité, précision et fiabilité des informations.
PLUS DE 190 MILLIONS
Aux grandes ambitions, de gros moyens. Le budget total du RGPH2 est estimé à 192. 910. 082 USD. L’État congolais a déjà marqué son engagement par un décaissement initial de 30 millions USD.
Le financement reposera sur une stratégie mixte associant les ressources nationales, celles des institutions financières internationales (Banque mondiale, BAD), des partenaires bilatéraux et des Nations Unies, avec l’UNFPA comme principal conseiller technique.
Ici comme ailleurs, le recensement constitue le levier majeur d’une décentralisation efficace, en permettant aux autorités provinciales de planifier les services sociaux en fonction des besoins réels de leurs populations. Il garantit que « personne n’est laissé de côté », en rendant visibles les déplacés internes, les personnes vivant avec handicap et les populations rurales isolées.
Pour les sénateurs, le RGPH2 n’est pas une simple opération statistique. C’est un investissement transformationnel, indispensable à la stabilité, à la paix et au Développement durable de la République Démocratique du Congo. La chambre haute du Parlement suivra avec attention la mise en œuvre de ce projet structurant pour l’avenir de la nation. Partant, l’assemblée plénière a levé l’option d’inviter, dans un bref délai, le ministre ayant le Plan dans ses attributions pour répondre aux préoccupations soulevées par les élus des élus et recevoir leurs recommandations pour un processus de recensement abouti.
Pour la petite histoire, le dernier recensement général en RDC a eu lieu en 1984. Depuis, le pays planifie son développement sur la base de projections obsolètes et de données fragmentées.
DICOM
