Trois mois de vacances parlementaires ou trois mois de répit…C’est selon. Mais a priori, cet intermède n’est jamais de tout repos pour les Honorables sénateurs et députes nationaux. Bien au contraire, il s’agit d’une période de collecte de données sur le quotidien de la population, aussi bien dans les milieux urbains que dans le Congo profond.

Ainsi, après le diagnostic, les élus présentent le tableau général de la situation du pays, sous le jargon de Synthèse nationale des rapports des vacances parlementaires.

C’est donc dans ce cadre précis, que la plénière du Sénat du vendredi 12 décembre, a adopté la Synthèse Nationale des Rapports des Vacances Parlementaires, pour la période du 16 juin au 14 septembre 2025.

Ce document, fruit du travail de proximité des sénateurs et compilé par la commission spéciale mise en place par le Bureau du Sénat, dresse un état des lieux de la vie politique, sécuritaire, économique, sociale et culturelle des provinces. Il formule également des recommandations et propose des résolutions concrètes pour améliorer le vécu des Congolais.

Qui plus est, ladite Synthèse relève plusieurs avancées significatives. Particulièrement, la mobilisation des forces vives de la Nation (FARDC, Police, autorités coutumières, société civile) pour défendre la patrie face à l’agression rwandaise, l’enrôlement massif des jeunes dans l’Armée et la Police ; le climat d’unité et de cohésion nationale entre majorité et opposition ; la construction de nouvelles infrastructures scolaires dans le cadre du PDL-145T.

S’ajoutent à cela, la réhabilitation progressive et en cours de la voirie urbaine, notamment à Kinshasa ; le paiement partiel des arriérés des députés provinciaux ; la mise en œuvre effective de la gratuité de l’enseignement de base ; la mécanisation et mise à la retraite de certains agents de l’État ; le lancement du programme pilote de couverture santé universelle (gratuité de la maternité).

 Les efforts constatés dans l’assainissement du climat des affaires, viennent aussi allonger la liste des faits considérés comme avancées.

Cependant, malgré ces progrès, des difficultés persistantes entravent le développement. Entre autres, la non-application de la retenue à la source de 40 % des recettes nationales et le transfert irrégulier des rétrocessions aux provinces ; la non-opérationnalisation de la Caisse Nationale de Péréquation ; la faible couverture et la qualité médiocre du réseau de télécommunication ; l’irrégularité de paiement des émoluments des députés provinciaux et des personnels des Exécutifs provinciaux. Sans oublier la vétusté des infrastructures judiciaires, la spoliation répétée des biens publics ; la dégradation des routes d’intérêt national, des bâtiments publics ; l’insécurité chronique et grandissante tant en milieux urbains que ruraux, les conflits fonciers et coutumiers, les tracasseries des populations par des éléments incontrôlés ; le manque d’eau potable, d’électricité et d’infrastructures de base (écoles, hôpitaux, routes, aéroports, etc.) …

VIVEMENT L’APPLICATION DE LA CONSTITUTION

Dans leur Rapport, les élus des élus, tel des médecins généralistes, ne se sont pas limités qu’au diagnostic. Aussi, ont-ils prescrit au Gouvernement, la thérapie nécessaire pour guérir le mal.

En ce qui concerne, par exemple, la rétrocession des 40% des recettes à caractère national aux provinces et l’opérationnalisation de la Caisse nationale de péréquation, le Rapport recommande l’application stricte des dispositions constitutionnelles en la matière.

Par ailleurs, le Sénat appelle a cor et cri, la réhabilitation des infrastructures judiciaires et administratives ; le renforcement de la sécurité et de la lutte contre les forces négatives ; l’amélioration de la desserte en énergie (eau et électricité), en télécommunications. Y compris la poursuite de la mise en œuvre du PDL-145T et du Programme de couverture santé universelle.

Afin d’assurer le suivi et l’efficacité de ses recommandations faites au Gouvernement, le Sénat a pris plusieurs résolutions. Entre autres, le suivi permanent, par ministère, du niveau d’exécution des recommandations, la mission de bons offices pour résoudre le conflit intercommunautaire Teke-Yaka, dans l’espace ex-Grand Bandundu où les milices tristement célèbres, opérant sous le label « Mobondo », tuent et pillent sans aucun état d’âme.

Par ailleurs, la redynamisation du Cadre de Dialogue et de Concertation entre le Sénat et les Présidents des Assemblées provinciales ; l’interpellation des Ministres des Finances et du Budget sur l’irrégularité de paiement des émoluments des députés provinciaux…font également partie des mécanismes que le Sénat a mis en place, pour s’assurer de l’application des recommandations coulées dans son document appelé Synthèse nationale des rapports des vacances parlementaires.

Par ailleurs, les Sénateurs ont levé l’option d’ouvrir des enquêtes sur l’évolution des travaux du PDL-145T ; l’application des mesures d’accompagnement de la gratuité de l’Enseignement de base et de la maternité, la réhabilitation et la construction des infrastructures de base ; la continuité des projets non achevés dont le Port en eaux profondes de Banana et la récupération des biens spoliés de l’État.

LES POPULATIONS TOUJOURS DANS UN ETAT DE PAUVRETÉ ABJECTE

Le Sénat souligne que, malgré les progrès enregistrés, les problèmes récurrents maintiennent les populations dans une grande vulnérabilité. Face à cette situation, la Haute assemblée du Parlement congolais exhorte le Gouvernement à redoubler d’efforts pour restaurer l’intégrité territoriale, promouvoir la cohésion nationale, construire et réhabiliter les infrastructures de base et améliorer le niveau de vie des Congolais.

Tout bien considéré, une synergie entre les Institutions et les structures, destinataires desdites recommandations, est désormais jugée indispensable pour relever le défi du bien-être de la population, du développement du pays et surtout, mettre fin au paradoxe d’un pays potentiellement riche, aux populations très pauvres.

DICOM